Actualités au Courrier de Berne (CdB)

BERNE, VILLE FANTÔME

Article rédigé par Christine Werlé, 6 avril 2020

Des rues désertes, des magasins fermés, le temps qui ralentit… le scénario catastrophe d’un film d’horreur est devenu réalité en l’espace d’une semaine à Berne et ailleurs en Suisse. Ce ne sont cependant pas des zombies qui rôdent en ville, mais bien un ennemi invisible: le coronavirus. Une épidémie qui a radicalement changé notre mode de vie.

On se souviendra longtemps de ce 16 mars 2020, jour où l’état de «situation extraordinaire» a été décrété dans toute la Suisse par le Conseil fédéral afin de freiner la propagation du coronavirus. Tous les magasins, marchés, restaurants, bars, salons de coiffure, centres esthétiques, musées, bibliothèques, cinémas, salles de concert, théâtres, centres sportifs, piscines, domaines skiables resteront fermés jusqu’au 19 avril. Toutes manifestations publiques ou privées ont été interdites. Les rues de Berne, d’ordinaire si grouillantes de vie, se sont brutalement vidées de leurs passants et commerçants.

La crise a en effet impacté directement nos déplacements dans la ville puisqu’en plus des lieux cités plus haut, cinq parcs bernois ont été fermés au public. Le premier a été celui de la plateforme de la Collégiale. Le Conseil municipal a décidé de cette mesure en raison de la présence de grands groupes de personnes qui ont pour habitude de s’y réunir souvent dans un espace confiné. Ont suivi la Grosse et la Kleine Schanze, le Rosengarten et la terrasse du Palais fédéral. Leur accès a été interdit car, pendant la nuit, dans ces parcs, la distance de sécurité entre les personnes (c’est-à-dire 2 mètres) n’était pas respectée.

Garder ses distances

C’est que, partout, on nous appelle à garder nos distances les uns avec les autres, à éviter les rassemblements de plus de cinq personnes et à respecter les mesures d’hygiène. Et gare aux contrevenants!

La police a renforcé sa présence en ville de Berne afin de souligner la gravité de la situation et de faire respecter les mesures prises par les autorités. «Les exploitants des magasins et des restaurants ainsi que les personnes qui ne respectent pas les règles édictées par la Confédération, par exemple l’interdiction des rassemblements de plus de cinq personnes, doivent s’attendre à recevoir une amende», indique Walter Langenegger, chef du service Information de la Ville de Berne. La bûche peut se monter à plusieurs centaines de francs.

En quarantaine

Une frange de la population se retrouve en confinement total: les personnes âgées. Les seniors de plus de 65 ans qui vivent à domicile doivent rester chez eux. Et ceux qui se trouvent en EMS ne peuvent plus recevoir de visites. De même que les handicapés dans les foyers et les malades.

La situation est un peu meilleure pour les enfants. Car si toutes les écoles du canton ont été fermées, elles assurent cependant les cours par un enseignement à distance. La prise en charge des plus petits est aussi malgré tout assurée par les crèches et les garderies, qui, elles, restent ouvertes.

Consommer autrement

Les entreprises ont été appelées à privilégier le télétravail. Dans le souci d’éviter à leurs employés les déplacements et les contacts sociaux inutiles. Car on ne peut plus se déplacer que pour aller chez le médecin ou à la pharmacie, pour aider un proche ou pour aller acheter de la nourriture.

Ces règles ont radicalement changé nos comportements de consommation. Dans les magasins d’alimentation, on entre au compte-gouttes, car la clientèle doit disposer d’un espace de 4 mètres carrés par personne. A l’entrée, on doit se désinfecter les mains. Les sections qui vendent des articles autres que ceux destinés à l’usage quotidien sont fermées.

Récession attendue

L’économie bernoise va de toute évidence profondément souffrir de la crise du coronavirus. «Ce sont des centaines de milliers d’emplois précieux et des dizaines de milliers d’entreprises dont le sort est menacé par la pandémie dans le canton de Berne et en Suisse. Cela est d’ailleurs illustré par l’explosion des demandes de chômage partiel», déplore le président du gouvernement bernois et directeur de l’économie Christoph Ammann. Pour soulager financièrement ses institutions de santé, ses PME et ses travailleurs indépendants, le canton a adopté une ordonnance qui lui permet par exemple d’octroyer des prêts sans intérêts, d’accorder un sursis de paiement aux loyers ou de suspendre les délais de paiement des créances en matière d’impôts, d’émoluments et de taxes jusqu’au 30 juin. Par ailleurs, les organisations d’utilité publique dans la culture et le sport bénéficieront à titre exceptionnel d’un montant total de 25 millions de francs prélevé sur le Fonds de loterie.

«La Ville de Berne a peu de moyens pour soutenir l’économie, c’est pourquoi nous nous en remettons à la Confédération et au canton», explique Walter Langenegger. L’Exécutif va toutefois agir à son niveau, par de petites actions. «Nous allons alléger la bureaucratie pour les entreprises, assouplir temporairement les directives dans l’attribution des marchés publics, et payer les factures commerciales le plus rapidement possible», détaille le porte-parole. «Nous étudions également les autres domaines dans lesquels nous pourrions faire preuve de flexibilité.»

A ces mesures cantonales et locales s’ajoutent celles de la Confédération, décidées le 20 mars pour soutenir l’économie suisse dans sa totalité. Un plan de 40 milliards de francs a été débloqué pour aider les entreprises. Celui-ci comprend, entre autres, la facilitation d’octroi de prêts bancaires en cas de problèmes de liquidités et l’élargissement du droit à des indemnités en cas de réduction de travail.

Le pic de l’épidémie pas encore atteint

Sur le front médical, quelque 418 cas (chiffres fin mars) de coronavirus ont été signalés jusqu’à présent dans le canton de Berne, et trois décès. Mais à l’heure où ces lignes sont écrites, le pic de l’épidémie n’est pas encore atteint. «Nous ne sommes qu’au début de la vague. Le pic devrait être atteint à tout moment entre le 23 mars et le 8 avril», indique Gundekar J. Giebel, chef de la communication à la Direction de la santé du canton de Berne. «Par déduction mathématique, le nombre de cas sera alors multiplié par 8», ajoute le porte-parole.

Peu de malades se trouvent actuellement aux soins intensifs à l’Hôpital de l’Île à Berne. « Mais l’Inselspital est prêt à accueillir beaucoup de patients dans les semaines à venir», précise Gundekar J. Giebel.

Dix bonnes raisons d’habiter à Berne - Jean-Michel Meyer

C’est à Strasbourg que Jean-Michel Meyer est né et a passé son enfance avant de partir à Grenoble puis à l’École de l’air de Salon-de-Provence pour embrasser une carrière militaire en qualité de pilote de chasse. C’est en 2014 qu’il est nommé attaché de défense à l’Ambassade de France à Berne. Et, à ses dires, comme il y fait bon vivre, Jean-Michel Meyer a pris après 34 années passées dans l’Armée de l’Air française le poste de directeur du Bureau de Berne de Rafale International chez Dassault Aviation. À ses dires, il n’a pas eu besoin de menacer sa femme Claudine pour rester sur les flancs du Bantiger car le couple apprécie les conditions de vie d’ici et s’est très bien intégré dans la communauté francophone bernoise.

Est-ce que l’Alsace a plus d’accointances avec la Suisse qu’avec d’autres régions de France ?

Du point de vue linguistique, bien que l’alsacien soit une langue germanophone, il y a des différences d’avec le suisse allemand. Et même en Alsace on ne parle pas le même dialecte à Mulhouse qu’à Strasbourg. Mais au-delà de la langue, il y a quand même une culture commune aux régions rhénanes que sont l’Alsace et la Suisse alémanique, voire même le Baden Würtenberg. D’une manière générale, un Strasbourgeois a beaucoup plus de racines communes avec un Bernois plutôt qu’avec un Marseillais et de ce fait, il y a moins de différence de mentalité entre l’Alsace et la Suisse. J’ai d’ailleurs pu observer que si l’on se présente en Suisse comme étant Alsacien, on est plus facilement accueilli que si l’on dit qu’on est Français.

Quels sont les points communs entre la mentalité strasbourgeoise et la mentalité bernoise?

Il y a une certaine notion de qualité de travail, le respect de la discipline et de l’ordre qui sont des valeurs importantes pour les Alsaciens et de ce fait similaires à celles que l’on trouve ici en Suisse.

Vue du ciel, la Suisse est-elle plus belle que vu du plancher des vaches?

Tout comme beaucoup de régions de France, la Suisse est belle d’en haut comme d’en bas. Il faut souligner que nous adorons les montagnes, ce qui fait que nous sommes vraiment gâtés d’habiter à Berne et d’être ainsi proches des Alpes. Que cela soit pour le ski en hiver ou la randonnée en été, ce pays nous offre de magnifiques paysages et qui sont préservés car, il faut le noter, la Suisse attache beaucoup d’importance à la protection de son environnement.

A part le Rosengarten, où vous m’avez donné rendez-vous pour cet entretien, quels sont les lieux qui vous plaisent à Berne?

C’est vrai que le coup d’œil que l’on a d’ici sur cette vieille ville de Berne, inscrite au Patrimoine de l’UNESCO, est vraiment magnifique mais j’aime aussi déambuler dans les ruelles aux abords de la Gerechtigkeitstrasse et de la Marktgasse car toutes ces rues piétonnes du cœur de Berne sont vraiment jolies et bien préservées. On retrouve même un peu le charme de Strasbourg, comme par exemple du côté de la cathédrale Notre-Dame ou dans le quartier dit de la Petite France.

Si vous veniez à quitter Berne et La Suisse, quelles sont les choses ou les coutumes que vous ne regretteriez pas ?

La pratique générale alémanique du souper à 18h00 tapantes nous est quelque peu étrangère et il nous arrive parfois avec ma femme de nous dire le soir avant de passer à table « Bon, allons goûter maintenant » (rires). Mais le fait que nous ayons habité dans différents pays et côtoyés différentes cultures fait que l’on s’adapte sans autres aux us et coutumes du lieu dans lequel on vit.

Nicolas Steinmann,  octobre 2019

PAROLE À ALEC VON GRAFFENRIED AU SUJET DE LA CONTRIBUTION ANNUELLE DE L'OFFICE FÉDÉRAL DE LA CULTURE À LA VILLE DE BERNE

Berne pourrait bien ne plus recevoir la contribution d’un million de francs que l’Office fédéral de la culture (OFC) lui verse chaque année pour ses activités culturelles. Un rapport du Contrôle fédéral des finances (CDF) estime en effet que cette contribution n’est pas justifiée et propose de la supprimer. Ce que conteste Alec von Graffenried, le maire de la ville de Berne.

«UNE CAPITALE FÉDÉRALE, AVEC TOUTES LES FONCTIONS DIPLOMATIQUES QUI LUI INCOMBE, A DES BESOINS SPÉCIFIQUES»

Qu'est-ce que reproche exactement le Contrôle fédéral des finances (CDF) à la ville de Berne?
Dans son rapport, le Contrôle fédéral des finances (CDF) conclut que la surveillance financière de l'utilisation de la contribution fédérale est insuffisante. Il faut bien préciser que nous parlons ici d’une contribution motivée par des considérations historiques et politiques, et non d’une aide financière. La ville de Berne ne commente pas les conclusions du rapport. Cependant, on ne peut pas déduire de ces conclusions que la seule indemnisation versée par la Confédération à sa capitale fédérale ne serait pas nécessaire. La question reste donc à éclaircir politiquement et non financièrement.

Le financement fédéral est-il donc indispensable à la ville. Pour quelles raisons?
En culture, chaque franc est utile car les budgets dans cette branche sont toujours très serrés. L’aide culturelle à la ville de Berne est indispensable car elle rend possible beaucoup de choses dans la culture, aussi bien dans les grandes institutions que dans les projets individuels. La culture, en tant que facteur de développement et de pierre angulaire de la qualité de vie d'une ville profite à tous, directement ou indirectement, et en particulier à une capitale fédérale qui, avec toutes les fonctions diplomatiques qui lui incombe, a des besoins spécifiques.

Quelles institutions ou événements bénéficient de cette subvention?
Quatre institutions reçoivent un montant fixe: le Konzert Theater Bern (Fr. 400 000.-), le Musée d’histoire de Berne (Fr. 95 000.-), la Dampfzentrale (Fr. 80 000.-) et la Kunsthalle
(Fr. 60 000.-). De plus, la contribution fédérale encourage des projets extraordinaires sélectionnés par la Commission de la culture de la capitale. Ce sont des projets de coopération entre plusieurs partenaires qui, par exemple, apportent une contribution particulière à la culture ou qui ont un rayonnement suprarégional. Les projets avec et pour les missions diplomatiques sont également financés.

Pensez-vous que vous recevez un traitement préférentiel? N'est-ce pas un problème comparé à d'autres villes?
La ville de Berne n'a certainement pas l'impression d'être favorisée par rapport aux autres villes. Dans tous les autres pays, la capitale occupe une position d’exception, dont la ville de Berne ose à peine rêver. Par exemple, si l'on compare avec d'autres villes suisses, on remarque que la Confédération soutiendra à partir de 2020 la Genève internationale avec une contribution annuelle moyenne de 25,95 millions de francs. Dans ces conditions, il ne peut être question de traitement préférentiel.

Le Parlement aura le dernier mot. Sauvera-t-il encore une fois cette contribution fédérale comme il l'a déjà fait par le passé?
La ville de Berne espère vivement que le Parlement ne votera pas la suppression de la contribution fédérale. Le Parlement a exprimé à plusieurs reprises sa volonté politique, à savoir qu’une indemnité culturelle était indispensable à la ville de Berne. Le Parlement a lancé un signal clair, notamment en invoquant l'article 18 dans la loi sur l’encouragement de la culture. Cet article constitue la base légale de la contribution fédérale. Dans le message du Département fédéral de l’intérieur (DFI) sur l’encouragement à la culture pour les années 2021-2024, il est question de supprimer cet article. Pourquoi le Parlement devrait-il accepter la suppression d'un article qu'il a lui-même inclus dans la loi en 2012, il y a seulement quelques années?

Christine Werlé, 30 septembre 2019

LE CRÉPUSCULE DES SALLES OBSCURES EN VILLE

Se faire une toile en ville, ce sera bientôt du passé! Les cinémas au centre de Berne ferment les uns après les autres. En cause notamment, la digitalisation, qui change nos habitudes de consommation et qui oblige l’industrie du divertissement à se réinventer.

En l’espace de quatre ans, la ville de Berne a perdu sept cinémas: le Rex à la Schwanengasse a fermé en 2015, le Royal à la Laupenstrasse en 2016, puis le Capitol à la Kramgasse en 2017. L'Alhambra à Hirschengraben, le Gotthard à la Bubenbergplatz, le City à l’Aarbergergasse et le Jura à la Bankgässchen ont suivi le mouvement l’année dernière. Et ce n’est pas fini: les jours du Splendid au Von Werdt-Passage sont comptés.

La chaîne de cinémas Kitag, à qui appartient ces salles, s’est progressivement retiré du centre-ville. En cause, les loyers élevés du centre-ville. Mais aussi la baisse de fréquentation des salles obscures. «Nous suivons la demande, car elle détermine l'offre. Malheureusement, dans le cas du centre-ville de Berne, nous ne pouvions plus rentrer dans nos frais», explique Olivia Willi, porte-parole de la société Kitag. C’est un fait, les habitudes des spectateurs-consommateurs changent: à l’heure de Netflix, du home cinéma et des plateformes de streaming, plus besoin de sortir de chez soi pour visionner un blockbuster à bon prix. Et en qualité HD, s’il-vous-plaît !

L’explosion des copies

Les nouvelles technologies ont également changé la façon d’exploiter une salle. «Aujourd’hui, aucun exploitant de cinéma n’a plus l’exclusivité d’un film, car, avec la numérisation, il y a beaucoup plus de copies qu’auparavant. Ainsi, tout le monde, même les petits cinémas des régions périphériques, peut montrer de nouveaux films en même temps. Dans le passé, les copies de 35 millimètres n'étaient jouées que dans une salle par ville», poursuit Olivia Willi. «Ainsi, il y a beaucoup plus de sorties par semaine, et les films disparaissent de l’affiche plus rapidement, car ils ne peuvent que difficilement être programmés en continu.»

Face à ces difficultés, certains exploitants de salles reprochent aux autorités un manque de soutien politique. «Elles n’en font pas assez pour garder un centre-ville dynamique», a déclaré Edna Epelbaum, propriétaire des cinémas Quinnie, dans le «Bund». Un reproche balayé par Franziska Burkhardt, déléguée à la culture de la ville de Berne. «La ville de Berne regrette la fermeture de cinémas dans le centre-ville. Parce que les cinémas constituent une offre culturelle importante et que leur disparition est une perte. Mais si les cinémas se retirent du centre-ville, cela n’a rien à voir avec un manque de soutien politique, mais avec des décisions entrepreneuriales», rétorque-t-elle. «Cependant, la ville de Berne est convaincue que les autres chaînes de cinémas qui restent en ville avec des offres complémentaires (bar, restaurant, etc.) continue de répondre aux besoins réels du public et ont de bonnes chances de succès. Et nous avons à cœur de leur garantir de bonnes conditions d’exploitation.»

Offrir plus qu’un film

Pour survivre aujourd’hui, un cinéma doit effectivement offrir des services en plus. Kitag concentre désormais ses forces à Muri bei Bern, à côté de l’autoroute, où il a construit un cinéma multiplexe dans le plus pur style américain. Son Cinedome ne compte pas moins de dix salles, équipées des dernières technologies en matière d’image et de son (par exemple une salle IMAX qui promet aux spectateurs de les plonger au beau milieu de l’action), un restaurant, un bar, 12 pistes de bowling et une «game zone». «La digitalisation nous oblige à nous réinventer et à créer de nouvelles offres. Aujourd’hui, il est plus facile de regarder un film en streaming à la maison. C'est pourquoi nous nous concentrons de plus en plus sur le divertissement, car le cinéma est synonyme d'émotions, de partage d'expériences avec la famille et les amis», justifie Olivia Willi.

Concrètement, le multiplexe offre deux avantages par rapport à une salle de cinéma traditionnelle. «Il permet de concentrer le public dans un seul lieu et d’économiser les coûts du personnel, car, avec la digitalisation, on a besoin que d’un caissier et d’un projectionniste», explique Gianni Haver, sociologue de l’image à l’Université de Lausanne (UNIL).

Le fait que les cinémas désertent les centre-villes n’est pas propre à Berne. On peut constater cette évolution partout en Suisse. Cela signifie-t-il que l’avenir des cinémas passe par la périphérie des villes? «Le futur nous dira si c’était la bonne solution», avance prudemment Gianni Haver. Le cinéma multiplexe de Pathé à Westside connaît en tout cas un énorme succès.

Christine Werlé, 2 août 2019