L'esprit «Romands de Berne»
C'est un fait: aujourd'hui, de moins en moins de Romands vivent à Berne, préférant habiter une région limitrophe francophone et penduler. Ceux qui ont décidé de s'installer dans la ville fédérale rentrent le week-end sur les bords du Léman pour y retrouver famille et vie sociale.
Quant aux francophones de l'étranger, ils vivent à Berne, ma foi, par obligation. A cause de leur travail. Ils rentrent chez eux le soir, sans s'attarder. Et ils finissent par retourner sur leurs terres d'origine une fois leur mandat terminé.
Les Romands de Berne ne sont-ils alors que de simples navetteurs, comme j'ai pu le lire dans un blog? Sont-ils confinés, à Berne, à leur périmètre professionnel? Ne sont-ils que des «invités» dans la ville fédérale?
Il est clair que le Romand en particulier, le francophone en général, et même le Tessinois, sont peu solubles dans la vie alémanique. Ils restent trop attachés à leur langue et à leur région d'origine. Pourtant, grâce à des associations fédératrices comme l'ARB, une vie sociale se crée dans la cité des ours. Elle se développe en parallèle à celle des Bernois, un peu dans un autre monde.
C'est un phénomène connu lorsqu'on étudie à l'étranger. Ceux qui parlent la même langue se regroupent et socialisent. En Suisse, ce phénomène a une saveur particulière, car il touche les autochtones, et non plus les seuls étrangers.
Encore timide dans la capitale, cette vie sociale à part est là pour nous montrer qu'il existe un esprit «Romands de Berne». Et c'est cet esprit qui a soufflé sur la forêt de Bremgarten, un beau dimanche de novembre.
Christine Werlé
'