De l'effet des élections fédérales sur les caisses-maladie
Les assurés bernois peuvent pousser un «ouf» de soulagement: les primes de l'assurance-maladie vont baisser de 0,6% en moyenne l'an prochain. Diminution tout en légèreté, certes, mais au moins, pas d'augmentation.
Ainsi, selon les chiffres de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), les primes mensuelles s'établiront en moyenne à 416 francs (-0,6%) pour les adultes (à partir de 26 ans), et 96 francs (-1,8%) pour les enfants. Pas de chance en revanche pour les jeunes, pour qui les primes afficheront une hausse de 1,2% en 2012. Le canton explique cette nouvelle hausse par le fait que le montant des primes de cette catégorie d'assurés a, pour certains, été bien trop bas par le passé...
Une stabilisation se profile donc pour une majorité. Elle s'explique principalement par la révision partielle de la loi fédérale sur l'assurance-maladie (LAMal) relative au financement des hôpitaux, qui se traduira en 2012 dans le canton de Berne par un transfert de coûts de l'assurance obligatoire des soins vers le canton. La facture des finances publiques s'alourdira, d'accord, mais et c'est l'autre bonne nouvelle sans augmentation d'impôts!
Trop beau pour être vrai? Rappelons simplement que les primes de l'assurance-maladie ont augmenté en moyenne de, respectivement, 11,5% et 8,6% ces deux dernières années dans le canton de Berne. Qu'est-ce qu'une baisse de 0,6% par rapport à ce que les Bernois paient actuellement? Une goutte d'eau.
Il ne faut pas oublier que les caisses font la pluie et le beau temps. Elles peuvent choisir de ne pas répercuter l'intégralité du recul de leurs charges sur les assurés, invoquant la nécessité de rattraper les réserves. Le flou règne aussi autour des prestations de 2012. Nous serons sans doute fixés après les élections fédérales, une fois que les lobbies auront réussi à placer leurs poulains au Parlement.
Mais, pour l'instant, ne boudons pas notre plaisir. Et faisons semblant de croire que le coup de massue des dernières années a été effacé par un effet d'annonce pré-électoral.
Christine Werlé
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