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Parole à Hans Ulrich Glarner, chef de l’Office de la culture du canton de Berne

Colère à Berne: dès 2019, le Conseil fédéral entend supprimer sa contribution d’un million de francs dans le domaine de la culture de la capitale. Des institutions culturelles craignent pour leur survie. Les autorités bernoises réfléchissent à un plan de sauvetage. Parole à Hans Ulrich Glarner, chef de l’Office de la culture du canton de Berne.

 «BERNE, EN TANT QUE CAPITALE, DEVRAIT BÉNÉFICIER D’UN STATUT SPÉCIAL AU NIVEAU DE LA CULTURE»

 Pourquoi la Confédération a-t-elle décidé couper un million de francs dans le domaine de la culture de la ville de Berne?

Il s’agit d’une mesure d’économies de la Confédération.

Des institutions sont-elles en danger? Si oui, lesquelles?

Parmi les institutions que le canton soutient, le Konzert Theater Bern et le Musée d’histoire de Berne sont touchés par une réduction de leur subvention, respectivement de 400 000 francs et de 95 000 francs. Comme ces deux institutions devront fonctionner avec nettement moins d’argent que de grandes institutions culturelles similaires, cette mesure d’économies les touche très durement. Des institutions municipales, comme la Dampfzentrale et la Kunsthalle, sont également touchées. Elles aussi souffriront beaucoup de cette mesure d’économies.

 Le Musée alpin, par exemple, craint pour sa survie. Va-t-il disparaître?

Cela n’a rien à voir avec la coupe d’un million de francs dans le domaine de la culture de la ville de Berne, mais avec une nouvelle clé de répartition que la Confédération applique pour la promotion des musées. Le Musée alpin va perdre 75% de sa subvention fédérale. De grandes inquiétudes existent quant à sa survie. Comme il s’agit d’un musée national, le canton de Berne ne pourrait pas non plus combler cette lacune de financement.

Envisagez-vous de faire changer d’avis la Confédération?

Absolument. Nous devons tous lutter pour le maintien de cette précieuse institution. L’encouragement des activités culturelles en Suisse ne doit pas rester indifférent à la question de l’avenir de l’espace alpin.

Planchez-vous sur un plan de sauvetage des institutions culturelles de la ville?

Le canton de Berne est lui aussi en train de décider des mesures d’économies. Notre marge de manœuvre est donc très réduite. Nous devons toutefois fournir un travail de persuasion à tous les niveaux, expliquer à quel point ces institutions sont importantes pour la vie culturelle et montrer à quel point la perte est grande par rapport à la petite économie réalisée par la Confédération.

Selon vous, Berne, en tant que capitale, devrait-elle bénéficier d’un statut spécial au niveau de la culture pour ne pas paraître affaiblie par rapport aux autres villes?

Oui. La renommée culturelle d’une capitale a des retombées positives sur l’ensemble du pays. C’est ainsi partout dans le monde. Grâce à ses institutions culturelles riches en tradition et de qualité, Berne offre des conditions optimales dans ce domaine. Il ne faut pas porter atteinte à cet atout en agissant à la légère!

Propos recueillis par Christine Werlé