Les moments les plus difficiles sont les élections au Conseil fédéral
Après 12 ans passés sous la Coupole, le conseiller national libéral-radical Pierre Triponez tire sa révérence. A 68 ans, ce Bernois parfaitement bilingue, connu pour avoir été Monsieur PME, estime avoir fait son temps. Rencontre.
- La politique, vous en avez marre?
- Non, je n'en ai pas marre, mais j'arrête parce que j'ai aussi arrêté mon travail à l'Union suisse des arts et métiers (USAM) (ndlr: il a été président de l'USAM de 1990 à 2008). C'est une question d'âge: 12 ans au Conseil national me semblent être une longue période. Lorsque j'y réfléchis, je fais de la politique depuis 40 ans. Lorsque j'étais fonctionnaire dans l'administration fédérale, je travaillais déjà dans des commissions parlementaires. J'ai été candidat au National parce que je voulais défendre les intérêts des PME suisses.
- Aucun regret alors?
- Pas de regret. Je me suis bien préparé. Ma décision a été prise relativement tôt.
- Quel est votre meilleur souvenir au Conseil national? Et le pire?
- J'ai beaucoup de bons souvenirs. Mais mon initiative sur l'assurance-maternité en 2001 (ndlr: l'initiative a fait un tabac devant le Conseil national avant d'être acceptée par le peuple en 2004) restera un succès personnel. La question était restée ouverte longtemps. En lançant l'idée d'une couverture financée par les allocations pour perte de gain (APG), j'ai trouvé la solution. Le pire souvenir? Je n'ai pas eu de gros chocs au Conseil national. Il y a des décisions qui se prennent contre votre avis comme le «oui» à l'initiative des Alpes mais c'est la démocratie. Les moments les plus difficiles sont les élections au Conseil fédéral. Faut-il faire tomber ou non un conseiller fédéral? Ce sont des décisions importantes et chaque voix compte. Mais ce sont aussi des moments excitants qui provoquent des poussées d'adrénaline.
- On parle de vous comme du «sauveur de l'assurance-maternité», alors que vous y étiez farouchement opposé... Avez-vous toujours eu ce côté rebelle en politique?
- Côté rebelle? Non, ce n'est pas juste. Je n'étais pas contre l'assurance-maternité. Je me suis opposé aux autres propositions car elles étaient trop compliquées, trop chères, et pas favorables aux PME. La solution devait être simple et claire.
- En 12 ans, qu'est-ce qui a changé dans la politique suisse?
- Je n'ai pas constaté de grands changements. Le Parlement fonctionne de la même manière qu'il y a 12 ans. Les moyens de communication apportent une certaine nervosité. Les caméras de télévision sont dans la salle. La presse est plus proche de la politique et tout va plus vite qu'avant.
- Quels sont vos projets maintenant?
- J'ai une nouvelle fonction: j'ai été nommé par le Conseil fédéral président de la Commission de haute surveillance de la prévoyance professionnelle. Dès 2012, je veillerai au bon fonctionnement du 2e pilier.
Propos recueillis par Christine Werlé
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