La subjectivisation de la répétition, projet B
Quelles caractéristiques individuelles un sujet en adaptation constante peut-il encore présenter?
Ça saigne, mais au travers d'images animées, dans La Subjectivisation de la répétition, projet B, monumentale et esthétique installation de l'artiste Yves Netzhammer récemment acquise par la Fondation GegenwART. Elles ne sont pas sans rappeler celles qu'on projette pour les consignes de sécurité dans un avion au décollage. Le ton est donné: on va aborder des questions de survie, mais aussi de sens.
Vidéaste suisse né en 1970 à Schaffhouse, Yves Netzhammer a étudié l'architecture et obtenu un diplôme en design visuel à la Haute école des beaux-arts de Zurich. Il travaille depuis 1997 à des installations vidéo, des projections, des dessins et des objets. Son projet A avait été exposé au pavillon suisse de la Biennale 2007 de Venise, tandis que le projet B était montré une première fois à la Karlskirche de Cassel dans le cadre de la Documenta 12.
La subjectivisation met en œuvre l'être humain (sans sexe ni visage, interchangeable, indifférencié sauf en ce qui concerne sa couleur, mais alors juste pour évoquer l'opposition à l'autre), les animaux et les plantes. Le sujet est traité avec la distance nécessaire à toute réflexion et celle-ci est rendue par le caractère dur et lisse des objets. Tous subissent une continuelle métamorphose, comme pour souligner que, dans un monde en mouvement perpétuel (une oscillation constante anime le plus souvent l'image), la possibilité de changement existe à chaque instant. Le cadre en est une installation monumentale composée de miroirs latéraux dans lesquels sont encastrées trois projections de films vidéos (d'une durée de 35 min. chacun) et dans l'angle aigu desquels se tient un arbre en bois. Reflétés par les miroirs et accompagnés d'un enregistrement sonore du compositeur Bernd Schurer, ces films donnent l'occasion au spectateur (dont l'image est elle aussi multipliée par les miroirs) de pénétrer l'univers onirique de l'artiste et de s'impliquer dans cette réflexion sur l'identité.
Valérie Lobsiger
'